La crise sanitaire frappe le pays depuis le printemps et a plongé des milliers de Français dans la précarité. Portrait.


Il a vécu une véritable descente aux enfers en quelques semaines : perte de revenus, distributions alimentaires et RSA...  

 

"S’il n’y avait pas eu le coronavirus..."


Les acteurs de la solidarité et du secteur caritatif voient arriver de plus en plus de personnes en détresse, inconnues de la soupe populaire jusqu’à présent. Lionel est de ceux-là. A 52 ans, il fait partie de ces nouveaux pauvres de la crise sanitaire ; "j’avais tout pour moi et du jour au lendemain vous vous retrouvez à la rue" témoigne-t-il.  "S’il n’y avait pas eu le coronavirus..." Ces mots, il les prononce sans cesse avec amertume.

Il faut dire que ce chef cuisiner avec une vie confortable. Originaire de Bénac en Dordogne, il officiait derrière les fourneaux. Mais son entreprise d'alors, comme beaucoup dans le secteur de la restauration, a subi de plein fouet les soubresauts de la pandémie et a dû s’adapter : "le patron a préféré garder la petite apprentie qui lui coûtait moins cher en charges". Beau joueur, Lionel dit comprendre ce choix. Il laisse sa place sans se douter des conséquences de sa décision. Des regrets ? Il en a "avec du recul", jamais il ne se serait imaginé "vivre cela"…  

 

 

La rue comme refuge, puis une ONG pour se relever  

Divorcé et sans contact avec ses enfants, il choisit Toulouse pour tenter de s’en sortir. Un logement par le biais d’un service de location lui a permis de vivre dans de bonnes conditions pendant près de 10 jours, mais son manque de revenu le rattrape. "Je pensais pouvoir toucher le chômage sauf que ça n’a pas été le cas" confie-t-il. La rue sera son seul refuge. Il y multiplie les rencontres. Un climat d’entraide et de solidarité se noue et l’emmène à l’Ostalada. C’est au cœur de ce centre social du Secours Catholique qu’il peut prendre sa douche, son petit-déjeuner et récupérer son colis. Il fait la rencontre d’Andrew, coordinateur "je dois tout au Secours Catholique" dit-il avec une profonde gratitude. 


Aujourd’hui c’est avec l’aide de l’association qu’il a pu trouver un logement en collocation avec 10 personnes. Reconnaissant de l’aide qu’on lui a apportée, il souhaite faire de même. Depuis Lionel "remonte la pente" et consacre du temps aux autres. Il est devenu bénévole au sein de l’association "je veux pouvoir aider à mon tour".  

 

Lucie Lescastreyres.