Il est accusé du viol et meurtre en 1986 de la jeune Isabelle Mesnage.

 

Jacques Rançon, "le tueur de la gare de Perpignan", va être renvoyé devant les assises de la Somme en juin, accusé du viol et meurtre en 1986 de la jeune Isabelle Mesnage, a-t-on appris mercredi de source judiciaire, confirmant une information du Courrier Picard. Le corps de la jeune femme de 20 ans avait été retrouvé le 3 juillet 1986 dans un bois de la commune de Cachy, village de la Somme à une douzaine de kilomètres d'Amiens. Ses vêtements étaient en partie déchirés et des objets lui appartenant étaient disséminés non loin d'elle.

Faute d'élément probant, l'enquête avait piétiné jusqu'à un non-lieu prononcé en février 1992. Mais, après avoir nié toute implication, Jacques Rançon avait fini par avouer le viol et l'assassinat de cette jeune informaticienne en juin 2019, lors d'une garde à vue à Béziers, où il purge une peine de réclusion à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans après sa condamnation en mars 2018.

Il s'agirait du quatrième crime connu de cet ancien cariste-magasinier de 59 ans, après ceux commis sur Moktaria Chaïb, 19 ans et Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, toutes deux violées et tuées dans le quartier de la gare de la préfecture des Pyrénées-Orientales en décembre 1997 et juin 1998. Il avait déjà été condamné par la cour d'assises de la Somme en janvier 1994 pour un viol commis deux ans plus tôt.

Lors de sa garde à vue, Rançon avait reconnu l'enlèvement de la jeune femme alors qu'elle faisait du stop. Il l'avait ensuite "frappée, violée avant de l'étrangler" puis "porté atteinte à son corps avec le même mode opératoire que celui qui sera utilisé pour ses futures victimes", selon un communiqué du parquet d'Amiens à l'époque.

Les avocats de la famille de la victime, intrigués par la similitude du mode opératoire, avaient permis de relancer l'affaire. "La photographie de la scène de crime, qui était la copie conforme" de ceux de Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, "a constitué un déclic", avait alors déclaré à l'AFP Me Corinne Herrmann. L'enquête a aussi montré que Rançon vivait à l'époque dans la région, qu'il connaissait "particulièrement bien (...) les lieux discrets existants aux alentours" et que "le lieu des faits était situé dans une proximité géographique du lieu" du viol de 1992.

 

AFP.

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