Il risque 20 ans de réclusion.

 

L'individu demeurant à Villaudric, probablement à l'origine de la série d'incendies dans le Frontonnais, a donc été mis en examen par le magistrat en charge du dossier.

Interpellé ce vendredi matin par les gendarmes de la Brigade de recherches de Toulouse Saint-Michel, "il a partiellement reconnu les faits - une dizaine de faits pour lesquels il a été confondu par les gendarmes" a indiqué Dominique Alzéari, le Procureur de la République de Toulouse. Si les faits ont démarré fin juillet, une information judiciaire pour des faits de destruction par moyens d'incendie a été ouverte le 17 août. Elle porte sur 24 incendies criminels.

 

Modus operandi : un allume feu pour barbecue

Les gendarmes ont rapidement identifié le mode opératoire de l'incendiaire "un allume feu pour barbecue planté dans une vis et jeté dans la végétation alors qu'il circule en voiture ou à pied" précisait le chef d'escadron Louis Boquien, commandant la compagnie de gendarmerie de Toulouse Saint-Michel.

La brigade de recherches de la compagnie TSM "s'est investie à plein temps à compter de l'incendie du 16 août" précisait le militaire. "L'intégralité des moyens de la compagnie" ont été déployés pour la résolution de cette enquête insistait Louis Boquien "jusqu'à l'arrestation un mois plus tard du suspect." Des surveillances en uniforme mais aussi discrètes ont été opérées, avec des dizaines de gendarmes et un recours "aux drones de la gendarmerie ainsi qu'à l'hélicoptère". 

 

Le suspect était toujours à proximité des sinistres

Dominique Alzéari est revenu ce vendredi sur l'enquête menée pour identifier le mis en cause de 37 ans "un père de famille, salarié mais connu de la justice pour 17 mentions au casier judiciaire de 2002 à 2019 - usage de stup, vols, délinquance routière et même dégradation par moyens dangereux ".

Plusieurs individus ont été soupçonnés et recherchés "en fonction de leurs antécédents, de la rumeur publique, de leurs profils psychologiques". Le mise en cause a finalement été identifié "par croisement des données techniques et des témoignages" . Il se trouvait à chaque fois aux abords des lieux des sinistres.  

 

Ses explications... fumeuses

Le trentenaire n'a pas livré les raisons de ces agissements "à ce stade il n'explique pas les faits qu'il a commis, les attribuant aux effets de certains traitements médicaux" résume le patron du parquet de Toulouse. Ces mises à feu étaient rapides "et auraient pu avoir des conséquences catastrophiques notamment dans les zones urbaines et péri urbaines".

Au sens judiciaire du terme, l'auteur des faits n'a pas de complice identifié, mais le commandant Boquien prévient tout individu qui serait tenté de l'imiter "on continuera d'être présent à Villaudric et à proximité pour assurer la sécurité de ce territoire qui a suffisamment souffert."

Le pyromane de Villaudric, en récidive légale, risque 20 ans de prison.

 

 

Photo d'illustration, Dominique Alzéari.