Fusillade mortelle de Carcassonne "pas de lien avec les stupéfiants" affirme le parquet

Le procureur de la République de Narbonne a fait une mise au point dans un contexte sensible de rivalités entre quartiers.

Fusillade mortelle de Carcassonne "pas de lien avec les stupéfiants" affirme le parquet
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Fusillade mortelle de Carcassonne
Aude
modifié le 08/11/2021 à 16:44

 

Il est désormais le seul habilité à communiquer sur l'affaire du double homicide de la nuit d'Halloween à Carcassonne.

Eric Camous, le procureur de la République de Narbonne a livré des informations ce lundi 08 novembre 2021, moins de 24 heures après la marche blanche en mémoire de Billel Doussas (20 ans) et Anas El Madani (18 ans), deux jeunes gens tués par balles le 31 octobre, près de la cité Grazailles à Carcassonne. Samedi, une personne a été mis en examen, alors que cinq autres avaient été placées en garde à vue jeudi. Le procureur n'a pas souhaité se prêter au jeu des questions-réponses dans ce « dossier sensible » qui s’inscrit dans un climat de « tensions entre quartiers ».

 

Rivalités de quartiers mais pas de lien avec le stup'

L'information principale à ce stade : « il n’y a pas de lien établi avec le trafic de stupéfiant », mais ce drame pourrait être lié « à des animosités de quartiers entre jeunes du Viguier et Grazailles ».

Eric Camous a indiqué s’associer « pleinement à la peine des familles de Billel Doussas et Anas El Madani » et « l’autorité judiciaire fera tout ce qui est en son pouvoir pour traduire en justice le ou les auteurs [...] qui risquent 30 ans de réclusion criminelle » précisait le patron du pole criminel de Narbonne qui soulignait « des moyens conséquents déployés pour la manifestation de la vérité » puisque le soir même le service territorial de PJ était saisi « et l’ensemble des enquêteurs déployés sur Carcassonne ». Bien qu'« à leur arrivée le lieu de commission des faits ne pouvait être identifié.»

 

La chronologie des faits

L'enquête de la police judiciaire a permis de comprendre le déroulé de cette funeste soirée. « Vers 20h50-21h des altercations sont intervenues quartier Grazailles, sans qu’il soit possible d’identifier les protagonistes ». Plusieurs appels ont été passés mais « la police était mobilisée ailleurs ». Puis vers 22 heures : plusieurs jeunes du Viguier décident de « rejoindre un camarade près du quartier Grazailles ». Ils empruntent deux véhicules (208 et Clio) « les deux victimes faisaient partie de ce groupe (dans la 208) ». Mais la Clio est tombée en panne pendant le trajet et c'est en réparant, que les jeunes ont vu passer un autre véhicule, « avec à l’intérieur un jeune originaire de Grazailles », « ils se sont reconnus » analyse le procureur.

Les conducteurs se sont alors rendus cité Grazailles place Fontenoy, les occupants sont descendus du véhicule provoquant « la fuite de plusieurs jeunes du quartier ». Quelques instants plus tard : « des tirs d’armes à feu partent d’un appartement au premier étage », les témoins parlent « d’un feu nourri » laissant penser « à une arme automatique ». Billel Doussas trouve la mort. La 208 fait un rapide demi-tour et se positionne pour récupérer la victime. Nouveaux tirs. El Madani est blessé mortellement au poumon gauche par un tir de 9 mm. Billel Doussas décède avant d’arriver aux urgences. Anas El Madani peu après son arrivée en soin.  

 

Un suspect inconnu de la justice

Six personnes ont été interpellées jeudi a expliqué le parquetier de Narbonne. Cinq ont été remises en liberté, la sixième a été déférée devant un juge dans le cadre d'une information judiciaire ouverte contre X des chefs d'homicides volontaires, tentatives d'homicides, destruction d'éléments de preuve, recel de documents afin de faire obstacle à la manifestation de la vérité et détention d'arme de catégorie A (arme de guerre).

Le seul individu aujourd'hui mis en examen et en détention serait impliqué de près ou de loin « dans l’utilisation de l’arme à feu  ». Son casier est « vierge de toute condamnation » bien qu'il ait pu être cité dans des procédures de droit commun. Il n'aurait aucun diplôme et a stoppé sa scolarité en 2016. Le garçon n'a jamais travaillé. Ce consommateur régulier de cannabis depuis ses 14 ans vivrait au crochet de ses parents.

Eric Camous a insisté sur « un contexte de désoeuvrement et déscolarisation précoce. »  Charge désormais au magistrat instructeur de Narbonne de faire « toute la lumière sur la manière dont une arme de calibre 9 mm a pu être utilisée, le juge devra préciser l’implication du mis en cause et identifier d'éventuels co-auteurs ou complices ». « Chacun doit entendre l’importance de laisser travailler les services d’enquête » car « il ne peut y avoir qu’une seule justice, celle de la République » a conclut le magistrat.

Une façon pour le parquet de réaffirmer que la justice "fait le job" et de couper court aux rumeurs qui bruissent sur les réseaux sociaux, alléguant que le drame est lié à une affaire de drogue ou de coeur. Rien ne permet donc de l'affirmer à ce stade. 

 

 


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