L'engin terrorise depuis une semaine les propriétaires de chevaux autour de la forêt de Bouconne.

 

Les forums équins toulousains en pleine ébullition. La psychose gagne progressivement les propriétaires de chevaux, haras ou clubs d'équitation autour de la forêt de Bouconne.

Un mystérieux drone survole depuis une semaine, de nuit, les élevages, "l'engin mesure un mètre de diamètre, il a des projecteurs puissants" nous révèle Amélie (nous avons volontairement changé son prénom) une propriétaire du secteur, vidéo à l'appui. Vu l'appareil observé, il pourrait s'agir d'un engin pilotable de très loin (4 à 10 km) et coûtant au bas mot 10 000 euros.

D'après nos informations, aucune autorisation de survol n'a été octroyée récemment au-dessus de Bouconne.

 

La gendarmerie patrouille

Ils sont une trentaine de personnes à avoir aperçu le drone autour de Montaigut-sur-Save, Saint-Paul-sur-Save, Larra. Au point que les propriétaires ont contacté les services de gendarmerie compétents dans le secteur, "ils font des patrouillent et ont déployé l'hélicoptère" nous explique Bertrand, un éleveur en colère. La compagnie de gendarmerie de Toulouse Mirail, le détachement aérien basé à Francazal (DAG) et la gendarmerie du transport aérien ont en effet déployé de gros moyens pour tenter d'identifier les propriétaires du mystérieux appareil.

 

Des rondes de surveillance sont organisées par les éleveurs en panique

Les éleveurs craignent des attaques sur leurs équidés. "On dort pas ou très peu, on a installé nos lits dans les granges, certains dorment dans les camions. Et on fait des rondes sans arrêt" explique Amélie apeurée. Les propriétaires communiquent entre eux et "tous sont désormais armés" prévient Bertrand les yeux rougis par le manque de sommeil "je n'ai pas peur de le dire, je suis armé. Je ne veux pas qu'il arrive ce qui m'est arrivé avec un poulain récemment". L'animal hébergé ailleurs dans la région porte toujours des stigmates : une large entaille de 30 cm dans laquelle un bout de bois a été retrouvé. Même son de cloche chez Amélie, fusil à pompe à proximité d'un lit aménagé dans l'urgence dans un box, avec vu sur ses prés. Paranoïa ? Pas vraiment, vu le nombre de chevaux mutilés ou tués dernièrement dans le pays. Les derniers en date dans le Tarn la semaine dernière.

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Surveillance : les chambres sont aménagées à proximité des prés et des box.

Surveillance : les chambres sont aménagées à proximité des prés et des box.

 

Le drone sert-il à repérer les accès aux élevages avant une attaque, et pourquoi ? 

Pour Bertrand c'est clair "les gens qui l'utilisent repèrent les lieux pour pouvoir blesser les chevaux, aujourd'hui on en est là". Pourquoi ? Des théories circulent "elles sont plus ou moins ubuesques" lâche Amélie. La plus en vogue chez les éleveurs : un mouvement sectaire, disposant de moyens importants. Des illuminés paient-ils des individus pour prélever des organes ou du sang d'équidé. Certains font un parallèle avec la pandémie, "les premières attaques en France sont intervenus avec l'apparition du Covid 19 en France, un mouvement occulte pense peut-être pouvoir combattre la maladie avec des sacrifices d'animaux, je n'en sais rien" se risque Bertrand hors micro. A ce jour et au regard des nombreuses enquêtes ouvertes en France, rien ne permet de l'affirmer.

Une théorie moins alarmiste pourrait être échafaudée : celle du "chevalier blanc". Un spécialiste des drones qui s'ennuie pendant le confinement et qui ferait voler son engin au dessus d'un secteur où les élevages sont légion. Pour tenter de débusquer les agresseurs de chevaux. Il n'en ferait pas publicité puisque les vols nocturnes de drone sont formellement interdits. Évidemment cette théorie n'est pas privilégiée par les éleveurs "faudrait vraiment être con" sanctionne Bertrand. 

Tous ont peur actuellement, mais ils entendent bien se défendre et défendre leurs animaux. Un des chevaux d'Amélie a été retrouvé avec un tord-nez, "c'est un instrument qui permet de libérer des endorphines pour que le cheval se laisse manipuler. En théorie pour les soins". Volonté de blesser ? Cela fait décidément beaucoup d'indices graves et concordants...

 

Un des poulains de Bertrand, blessé dans un autre département, portait toujours la trace de sa blessure ce mercredi, à Larra.

Un des poulains de Bertrand, blessé dans un autre département, portait toujours la trace de sa blessure ce mercredi, à Larra.