Une centaine de tracteurs ont ralenti la circulation ce jeudi 08 avril 2021.

 

Les agriculteurs en colère contre la future réforme de la PAC 2023 ont convergé vers Toulouse ce jeudi. Une centaine de tracteurs et plusieurs centaines d'agriculteurs, certains en camionnette drapeaux de la FDSEA ou des JA au vent, se sont installés au son des pétards et des klaxons au rond point du Monument aux Morts de François Verdier pour un gueuleton, avant qu'une délégation soit reçue en préfecture vers 14 heures. Ambiance bon enfant sous surveillance policière.

 

Toulouse cernée par les tracteurs

Plusieurs points de rassemblement étaient prévus tôt le matin (Capens avec une vingtaine de tracteurs, Villefranche-de-Lauragais avec une quarantaine de tracteurs et des véhicules légers, Cornebarrieu et Pibrac avec 35 tracteurs, Verfeil une dizaine, idem via Auterive) et des agriculteurs étaient aussi venus en renfort de l’Aude, du Gers, du Lot, du Tarn et Garonne et du Tarn avec quelques bennes de fumier.

 

 

Ils veulent que les arbitrages de la PAC soit revus

La Pac en Haute-Garonne c'est 106 millions d'euros pour 6500 agriculteurs, et "cette réforme PAC 2023, comme en 2015, va nous pénaliser" estime Nicolas Atès secrétaire général des Jeunes agriculteurs 31, alors que "les exploitations agricoles de Haute-Garonne ont un revenu moyen de 4000 à 4500 euros annuel" (revenu moyen national : 23 à 27 000 euros). Pour le responsable syndical "nous sommes les plus pauvres, alors que nous faisons des productions durables et diversifiées".

 

Pas de blocage massif pour redorer l'image des agriculteurs

Depuis 18 mois aucune manifestation n'avait eu lieu à Toulouse, les exploitants n'ont finalement pas organisé d'opération escargot, et les seules saletés déversées sont "organiques", "pas de plastique, pas de pneus, pas d'amiante" souligne notre interlocuteur qui veut "travailler l'image des agriculteurs". Jean-Louis, céréalier et éleveur avicole dans l'Astarac ne comprend pas les arbitrages de la PAC "dans le Gers on a des rendements bas, on est en agriculture raisonnée ou en bio, et on va toucher moins !" se désole-t-il. Ras-le-bol aussi chez Alain, exploitant à Parisot dans le Tarn-et-Garonne dénonce "les contraintes environnementales" et fulmine de "la stigmatisation qu'on subit tous les jours".

En milieu d'après-midi, du fumier a été déversé devant les barrières de protection anti-émeute de la police. Quelques heurts intervenaient en fin de journée, la préfecture regrettant que "certains se soient livrés à quelques débordements (jets de projectiles en direction des forces de l'ordre), ce qui a donné lieu à l’utilisation d’un lanceur d’eau."

380 effectifs des forces de l’ordre ont été mobilisés.