Élargissement du pass sanitaire, obligation de la vaccination pour le personnel soignant et tests PCR bientôt payants.... Les annonces d'Emmanuel Macron de ce lundi ont fait mouche.


Sur la vitre d’entrée au centre de Congrès Pierre Baudis, à Toulouse, une affiche indique « Vaccination sans rendez-vous de 10h à 12h15 ». Devant la porte d’entrée, une femme fronce les sourcils, déçue des propos d’une des infirmières du centre de vaccination. « Le centre est plein malheureusement, nous ne pouvons pas prendre de nouvelles personnes sans rendez-vous. » Suite aux annonces d’Emmanuel Macron lundi soir, le centre de vaccination Pierre Baudis a été pris d’assaut dès 8 heures le lendemain matin.

 

« Les derniers rendez-vous disponibles pour aujourd’hui ont été pris hier soir et maintenant le centre est un peu saturé. On va faire en sorte que sa capacité soit adaptée pour répondre à la demande et la répartir sur les semaines à venir, car on ne peut pas vacciner tout le monde aujourd’hui », explique François Chollet, élu coordinateur en charge de la mobilisation contre l’épidémie de Covid-19 de la mairie et de la métropole.

 

Entre 10 heures et 12h15, le centre vaccine en général 60 personnes sans rendez-vous. Or, les patients se sont présentés dès 8 heures du matin pour en bénéficier. Depuis, plus de 250 personnes se sont vues refuser l’accès au centre, déjà saturé. Au total, il vaccine 600 personnes par jour. « On va tenter d’optimiser cette capacité pour accueillir jusqu’à 750 personnes chaque jour et vacciner le plus de personnes possible », ajoute François Chollet.

 

Les toulousains à la recherche de créneaux de vaccination en urgence


Du côté des toulousains, entre départs en vacances, envie de profiter des lieux de loisirs et de culture, et obligation pour le personnel soignant, la vaccination est devenue une préoccupation urgente. Ceux qui n’ont pas pu prendre rendez-vous cette semaine tentent leurs dernières chances de se faire vacciner rapidement. « Je dois partir en vacances ce vendredi et je suis désespérément en recherche d’une deuxième dose de vaccin », s’exclame une femme après s’être fait refuser l’entrée au centre. « Moi c’est plutôt pour participer à la lutte contre l’épidémie, après je suis aussi soignant, je travaille en Ehpad, donc c’est aussi pour continuer à travailler sereinement », s’exprime un autre patient.

 

D’autres patientent en file d’attente, dont beaucoup de jeunes qui souhaitent « pouvoir profiter de la vie et des lieux qui ont maintenant rouvert en évitant de se faire exclure des événements sociaux parce qu’on ne s’est pas fait vacciner. C’est devenu un acte citoyen, et tant mieux, mais comme on se sent obligés on le fait un peu à contrecœur », insiste un jeune âgé d’une vingtaine d’année. « Moi je ne voulais pas me faire vacciner, mais maintenant on est indirectement obligés donc on le fait, pas le choix », explique une autre femme devant le centre Pierre Baudis.

 

À savoir qu’à 16 heures, 800 000 Français avaient pris rendez-vous pour se faire vacciner sur Doctolib dans la journée de mardi. Après les 926 000 réservations la veille au soir, c’est un record d’environ 1,7 million de réservations qui sont enregistrées. 

 

Si le discours d’Emmanuel Macron n’a pas ravi tous les français, en tout cas il « a porté ses fruits en temps réel. Maintenant on est en totale saturation pour les journées et semaines à venir, et c’est une très bonne chose. La solution s’il y en a une aujourd’hui, c’est la vaccination. L’immunité collective ne peut se faire que si on l’accélère », insiste Jean-Christophe Paulo, cadre de santé à l’Hôpital Ducuing et participe à la vaccination au centre Pierre Baudis.

 


Noémie Bouisset


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