C'est l’inquiétude au sein de la prison de Perpignan. Le centre pénitentiaire des Pyrénées-Orientales fait face en ce moment à un cluster XXL avec près de 100 cas de covid déclarés sur l’établissement, à savoir 82 détenus et 14 personnels. La plupart des cas sont le résultat de la propagation massive du variant Omicron sur la maison d’arret des hommes (plus de 50 cas constatés), le centre de détention étant concerné lui par le variant Delta. Cette liste pourrait même prochainement s’allonger car des résultats de nouveaux tests sont attendus cette semaine.

Aujourd’hui, le syndicat pénitentiaire de l'UFAP UNSA Justice pointe du doigt une situation "au bord de l’implosion". Ce cluster covid se rajoute au problème de surpopulation carcérale et au manque de personnel. "A la maison d'arrêt, c'est 102 places, et on a 270 détenus. On a 72 cellules, où on a 3 détenus sur 9m2 sans douche. Là, c'est beaucoup plus compliqué. A l'heure actuelle, on n'a pas pu séparer toutes les personnes contaminées", déplore Pierre Grousset, secrétaire départemental de l’UFAP UNSA Justice.

Les personnels tirent désormais la sonnette d’alarme devant ces chiffres records. "On manque de personnels sur l'établissement, plus tous les accidents de travail, les maladies, les fêtes... donc effectivement, on est inquiet. Si le virus continue à se propager et qu'on continue à perdre des personnels, je ne sais pas comment on va faire", craint Pierre Grousset. 
 

Pierre Grousset, secrétaire départemental du syndicat de l’UFAP UNSA Justice à Perpignan.


"Quand vous êtes surveillant pénitentiaire, vous avez peur de ramener le virus chez vous"

Si le nombre de cas de Covid-19 au sein de la prison perpignanaise pourrait rapidement augmenter, la direction a pris en tout cas la décision de mettre toutes les personnes contaminées et les cas contacts dans un même lieu désormais.  Mais les représentants du personnel ont bien d'autres craintes. Ils réclament notamment que tous les agents soient équipés de masques FFP2. "Quand vous êtes surveillant pénitentiaire, vous avez peur de ramener le virus chez vous" nous confiait le secrétaire départemental de l'UFAP UNSA Justice. 

"Le personnel soignant de l'établissement monte prendre la température des détneus avec des combinaisons et des masques FFP2. Et nous, les surveillants, nous avons de simples masques chirurgicaux. Normalement, tous les personnels devraient avoir des masques FFP2 dans un cluster XXL comme sur notre établissement, c'est une honte." Le syndicat pénitentiaire aimerait également que les parloirs soient suspendus, tout comme les nouvelles incarcérations, "pour éviter de faire à nouveau rentrer et sortir le virus". Un souhait qui n'est pour l'heure pas d'actualité pour la direction de l'établissement. 
 

Pierre Grousset

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