Six chasseurs, militants anti-ours et agriculteurs étaient jugés mardi à Foix pour avoir violemment perturbé un rassemblement d'écologistes dans un village d'Ariège en 2018, témoignant de la coexistence tendue entre deux visions de la protection de l'environnement dans les Pyrénées.

Avant l'audience devant le tribunal correctionnel, près de 2.000 personnes se sont rassemblées dans le centre de Foix en soutien aux prévenus et "pour la défense de la ruralité", dont le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen. Une mobilisation perçue par les victimes comme une énième manoeuvre d'intimidation.

 "Les associations attendent beaucoup de ce procès, d'abord de pouvoir se promener sans avoir peur", a déclaré une avocate des parties civiles, Alice Terrasse, dénonçant "cette propension à vouloir terroriser les écologistes pour les empêcher de parler", ainsi que "les violences et les menaces à l'encontre d'organisations pacifiques".

 

"Des conflits qui s'enveniment avec les chasseurs"

Le 5 mai 2018, quelque 750 militants anti-ours, chasseurs et syndicalistes agricoles, au volant de tracteurs, avaient fait irruption, sans autorisation de manifester, à La-Bastide-de-Sérou et troublé une réunion d'associations écologistes. Environ 150 adhérents de France nature environnement (FNE), de Ferus (pro-ours) et d'autres associations locales y dressaient un état des lieux des atteintes à l'environnement et échangeaient sur la biodiversité, dont l'épineuse question de l'ours, dans la salle des fêtes de ce village d'un millier d'habitants. Des CRS étaient intervenus après des jets de pierres et des agressions contre les militants associatifs, dont la réunion était considérée comme une "provocation" par les manifestants. "Globalement, on a des conflits qui s'enveniment avec les chasseurs, certains syndicats agricoles, une association anti-ours, l'ASPAP (Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées). On a des points de divergences sur l'ours, les méthodes agricoles, la chasse, l'irrigation", a précisé Hervé Hourcade, juriste de FNE.

Mardi avant le procès, agriculteurs et chasseurs, en majorité opposés à la présence de l'ours, se sont offert une tribune. "Nous convoquer devant le tribunal, c'est de l'acharnement, une injustice", a estimé la présidente des Jeunes agriculteurs (JA) de l'Ariège, Clémence Biard, l'une des six prévenus. Elle a dénoncé "ceux qui prétendent être les sauveurs de l'environnement, dotés d'un cerveau atrophié par les préjugés infondés. On ne va pas les laisser nous dicter nos pratiques et nos actes". Les prévenus sont poursuivis pour manifestation non déclarée, entrave à la liberté de réunion. Les parties civiles demandent des dommages et intérêts.

Le jugement devrait être mis en délibéré.

 

Avec AFP.

Photo : tribunal de Foix, archive.


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