Droit sur ses jambes, les mains dans le dos, le prévenu affirme à la barre « avoir pété un câble ». L'homme de 39 ans comparaissait ce jeudi 16 septembre 2021 devant le Tribunal Correctionnel de Castres (Tarn) pour violences conjugales habituelles sur son ex-conjointe. 

Dès 2014, alors que le couple n'a que trois mois, une dispute dégénère. Le prévenu saisit une carabine et enfonce le canon dans la bouche de sa compagne. De peur, la victime s'évanouit. « L'arme était chargée ? », demande la présidente du tribunal à l'audience. « Non », répond le prévenu. « Et elle était au courant qu'elle n'était pas chargée ? », relance la magistrate. « Au moment des faits non, elle a su qu'elle n'était pas chargée par la suite ». La violence de la scène décrite pousse la présidente du tribunal à faire un parallèle avec « ce que faisaient les Allemands pendant la seconde guerre mondiale, pour instiguer la peur ». Silence dans le tribunal. « J'ai pété un câble », répète alors le prévenu.

Lorsque le tribunal vient à évoquer une photo publiée sur son compte Facebook où il écrivait qu'il allait « tout faire sauter, elle, sa fille et lui. Qu'ils allaient tous les trois sortir de ce monde », l'homme plaide le désespoir de ne pas pouvoir voir sa fille. Difficile cependant de trouver une réponse à l'évocation de certificats médicaux et de photos démontrant des hématomes sur le visage de son ex-compagne. 

Pendant l'audience, l'homme s'est longuement exprimé, corrigeant la juge, argumentant ses motivations, « minimisant sa responsabilté », selon le ministère public. Il reconnaît en revanche l'ensemble des violences pour lesquelles il est présent dans le box en cette après-midi. 

Arrestation par le RAID

Lors de son interpellation, le 14 septembre dernier, le RAID a été dépêché devant son domicile, avenue Charles-de-Gaulle à Castres. Les forces de l'ordre suspectaient l'individu de détenir des armes à feu. Lors de l'opération, où le prévenu s'est rendu sans résistance, des couteaux, une carabine et deux pistolets, dont un chargé sous son oreiller ont été découverts. « Je me sentais menacé », tente d'expliqué le prévenu. 


Avec neuf mentions à son casier judiciaire, dont certaines, déjà pour port illégal d'arme à feu, son argumentation est fragile face aux questions des magistrats. Les armes, ils les posséderaient « pour la collection. Je les ai achetées à Empalot (NDLR : quartier de Toulouse), j'avais repéré dessus un poinçon sur internet qui m'indiquait que l'arme datait de 1892 ». « Vous pensez que l'on trouve des armes de collection à Empalot ? », rétorque, de façon quasi-rhétorique, la présidente du tribunal. 

 

Après deux heures de débats, le prévenu sera condamné à trois ans de prison dont un an avec surcis et une interdiction de port d'arme de 5 ans. « Fini les armes monsieur », lance la présidente du tribunal avant que le prévenu ne quitte son box, escorté par trois agents de l'administration pénitentiaire. 

Axel Mahrouga


Voir aussi

Tarn

17/10/2021 18:33

Les Tarnais gagnent cet après-midi face au leader.

...

Tarn

16/10/2021 17:12

Castres s'impose face à Biarritz.

...

Tarn

15/10/2021 17:12

La jeune fille n’a plus donné signe de vie depuis le 14 juin dernier. 

...