La cour d’assises de Haute-Garonne a rendu son verdict ce mercredi soir.

 

Alexandre Bresse a été condamné ce mercredi à  30 ans  de réclusion criminelle par la Cour d’Assises de Haute-Garonne présidée par Michel Huyette. Il écope de 7 ans de suivi socio judiciaire avec obligation de soins
    

Le jeune cuisinier était accusé d’homicide volontaire, viol sur mineure et agression sexuelle en récidive. Il est donc déclaré coupable d’avoir violé et étranglé Alicia Camilleri, 14 ans, à Beauzelle (31) le 19 avril 2018. Lui affirmait que sa mort était un accident, un jeu sexuel ayant dérapé, lors d’une relation sexuelle consentie. L’accusé « qui ne présente pas de pathologie mentale » avait 19 ans au moment des faits.
    


Le ministère public avait demandé 25 à 30 ans de prison
    

L’avocate générale Céline Fleury avait demandé « une peine de réclusion criminelle comprise entre 25 et 30 ans, assortie d’une peine de sûreté au minimum de 15 ans et d’un suivi socio-judiciaire ». La représentante du ministère public a insisté mercredi sur « la mort atroce d’Alicia [...] le caractère insoutenable des faits » et sur le fait que la thèse accidentelle d’Alexandre Bresse individu « aux comportements sexuels déviants [...] violents [...] qui a l’habitude de mentir », « ne résiste pas à l’enquête méticuleuse », le rapport sexuel a forcément « été imposé » à Alicia qui portait « des blessures sévères à la mâchoire, au crâne et à l’épaule ». « L’intention homicide est établie » pour Céline Fleury, « il a fracturé l’os hyoïde » de la victime. Bresse « a caché le corps d’Alicia et a entouré autour de son cou un cordon électrique dont il savait qu’il portait les empreintes d’Aurélien P. (ami de l’accusé)». Des éléments « qui écartent la thèse de l’accident. »
    


« Aucune contrition » de A. Bresse pour les parties civiles


Dans un procès resté digne malgré une famille ravagée par la douleur, les avocats des parties civiles plaidaient depuis ce mardi soir. Me Christophe Bories estimant ce mercredi qu’il n’était « pas possible » qu’Alexandre Bresse « n’ai pas tué » Alicia « la lumière de toute sa famille ». L’avocat du père de la victime, Me Bruno Merle, pointait « l’état de frustration sexuelle de cet individu » chez qui il ne percevait « aucune compassion, aucune contrition » ; qualifiant Bresse de « pleurnichard qui pleure sur lui-même et non sur les victimes ».

 

La défense pointait des « incertitudes »


Le conseil de l'accusé Me Muriel Amar-Touboul, incisive pendant trois jours, a plaidé l’accident, exhortait les jurés à « ne pas céder à la dictature de l’émotion ».

Elle pointait les « incertitudes », notamment ces lésions ante-mortem qui auraient pu apparaître « quand Alexandre tentait de ranimer la victime ». L’accusé aurait selon elle « trouvé des points communs avec Alicia », ils se seraient « embrassés comme deux adolescents normaux. » Alexandre aurait voulu pratiquer « l’asphyxie érotique ». L’avocate argumentait « la victime est de dos. Il ne la voit pas et interprète mal son spasme ».

Me Amar-Touboul estimait que l’accusation a fait d’Alexandre Bresse « un monstre » ; elle citait « l’hymen intact » de la victime, rappelant cet Alexandre dépeint dans certaines dépositions comme un garçon « calme, gentil, qui parle facilement [...] un individu à la sexualité banale ». Sur le corps d’Alexia caché dans un coffre de lit, elle concédait : son client aurait « paniqué » et fait « n’importe quoi », « en maquillant toute la scène. » L’intéressé s’exprimait en dernier avant le verdict, « je ne suis pas un violeur. Je n’ai jamais violé qui que ce soit ».

 

La famille « soulagée »

La cour en a décidé autrement. La mère de la collégienne s'est affirmée "rassurée" et "soulagée" par le jugement. "Ce jeune homme ne pourra plus faire de mal à personne pendant 30 ans", a réagi le père d'Alicia. La défense a dix jours pour interjeter appel.

 

Mélodie, la maman d'Alicia.
Gilles, le papa d'Alicia.