Le secteur est à l'arrêt. Et pourrait ne pas s'en relever d'ici 4 mois.

 

Les acteurs de l’événementiel et du spectacle vivant lançaient l’alerte rouge ce mercredi.

Une action nationale symbolique à l'initiative du syndicat Synpase (syndicat national des prestataires techniques de l'audiovisuel scénique et événementiel). Plusieurs bâtiments – conseil régional, départemental, chambre de commerce, Bikini entre autres – ont été illuminés en rouge. Une mise en lumière en forme d’appel au secours pour un secteur qui ne sait plus à quel saint se vouer "la catastrophe Covid 2020 nous fait perdre 8 millions de chiffre d'affaires par semaine" lâche Gérald Grégot, un porte-parole du collectif SOS Event 31, également fondateur de l'agence Médiane. 

 

Un plan massif d'accompagnement souhaité 

Les événements sont quasi à l’arrêt à Toulouse, les salariés et intermittents aussi. Les entreprises réalisent à ce jour seulement 10 à 20% des chiffres d’affaires habituels… 

Jean-Luc Petit est gérant d’Audiolum, ce prestataire son et lumière du spectacle vivant à Toulouse illuminait la Halle de la Machine ce mercredi soir. Sans activité, il croule pourtant sous les charges ; "on a une petite aide, mais on garde une bonne partie de nos charges : assurances, charges patronales, loyers, assurances sur le matériel" s'émeut-il. "A Toulouse, on avait la chance d'avoir un gros bassin de travail entre le spectacle et ce que générait l'aéronautique. Aujourd'hui on est à l'arrêt " regrette-t-il.

Comme Gérald Grégot il fait partie du collectif SOS Event 31 présidé par Jean-François Renac. Ils en appellent au soutien des pouvoirs publics et "un plan massif d'accompagnement" car "il y a des incohérences : pourquoi devoir payer des congés payés sur des périodes de chômage partiel ?" pointe Gérald Grégot. L'impact est total "les bons de commandes ne sont plus là".

 

Des protocoles sanitaires clairs pour pouvoir reprendre sinon... 

Alors que la préfecture s’apprête à renforcer ses mesures restrictives, Jean-Luc Petit veut que des protocoles sanitaires clairs pour pouvoir reprendre son activité, il s'énerve : "on ne peut pas laisser aux préfets droit de vie ou de mort sur nos entreprises. Que l'Etat mette en place des directives. S'il existe un cadre, nos clients sont des gens sérieux, ils se plieront à ce cadre !". Sinon promet-il, "d'ici décembre certaines entreprises arrêteront et début 2021 : ce sera l'hécatombe." Off the record certains acteurs professent même des suicides dans la profession si rien ne bouge; "sans ressources, les gens sont complètement déboussolés".

Pour le moment, la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) n’a pas souhaité échanger avec ces entreprises qui représentent 9000 emplois. Un rendez-vous a été proposé "mais rien de concret". La balle est désormais dans le camp de la puissance publique.