Des manifestants bien décidés à faire amender le fameux article 24 après la bavure de trois policiers à Paris.

 

Ils étaient 3700 personnes à Toulouse selon la préfecture ce jeudi soir. Tous étaient venus dénoncer dans la rue la proposition de loi "Sécurité globale".

 

Beaucoup de jeunes, d’étudiants, mais aussi des représentants de partis politiques, d’associations, de syndicats et des anonymes bien sûr. Pancartes "attention à la peau lisse", "la bamboche c'est terminé", ""Big Manu is Watching You" ou drapeaux au vent et dans une ambiance bon enfant, ils se sont élancés du Monument aux Morts pour rejoindre le Palais de Justice. "Le fait que les flics soient floutés va augmenter le nombre de bavures policières" estimait cette jeune militante libertaire, pancarte brandie face à la cohorte de CRS en surveillance. Jean-Luc, le gilet jaune quinquagénaire, approuvait "nous on est là depuis deux ans et il y a une vraie dérive sécuritaire, ils foncent et tapent sur n'importe qui !"

 

Les manifestants ciblaient bien sûr l'article 24 de la proposition de loi qui interdit la diffusion d'images "mettant en danger des membres des forces de l'ordre". Nombreux étaient bien décidés à ne rien lâcher pour voir le projet de loi abandonné, surtout après la bavure qui fait la Une de tous les médias. Un producteur de musique molesté par des policiers à Paris "Michel s'est fait tabasser par trois policiers" s'indignait cet étudiant d'une vingtaine d'années. Des cas pour lesquels selon Anthony, trentenaire antillais, la vidéo est "une preuve", "l'interdire c'est une carte blanche donnée à la police", il reconnaissait "faire attention et se tenir sur ses gardes" à proximité des forces de l'ordre "on ne sait jamais..."

 

Quelques échauffourées sans gravité se produisaient après l'ordre de dispersion de la police, ce jeudi après 19 heures. Bilan : au moins trois interpellations et peu de dégâts.